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Bestiaire
19 septembre 2009
Boires et déboires d'un petit poisson Suggérer par mail
Écrit par Sandrine Brossel   
19-09-2009
la mare d'Alexouille

Ce matin, Alexouille était en panne, en panne d’histoires, il était tout triste et encore plus triste que le soleil brille. Il aurait voulu qu’il pleuve, que le ciel s’accorde à son humeur. Mais il ne pleuvait pas, il faisait tout bleu. J’ai vu une larme rouler sur sa petite joue de poisson rouge-jaune et se noyer dans la mare. Le pauvre bougre en avait assez que toutes les salamandres de la mare lui courent après, pis à quoi bon ?

 "Dès que je leur parle, je vois bien qu’elles comprennent rien à ce que je leur raconte. Mes métaphores et mes demi-mots les laissent perplexes et elles me demandent pourquoi je ne parle pas avec des mots complets, des mots mieux choisis, des mots à leur portée. Alors j’essaye, j’essaye et j’y arrive pas, je préfère les demi-mots, les métaphores et les histoires. A quoi bon dire qu’il fait beau ? Tout le monde peut le voir : pour savoir la météo, y’a qu’à regarder le ciel. Pis y parait qu’il faut pas être franc, ne jamais dire ce qu’on pense, surtout cacher ses colères, ne pas trop montrer ses joies, rentrer ses larmes et tout le tralala. Alors, quand on vous demande : ‘ça va ?’ Faut dire oui, même si c’est faux.

 C’est ça la vie, mentir tout le temps ? Cacher sa vraie nature, avancer à couvert ? Mais si on dit pas ce qu’on ressent et qui on est, comment les autres peuvent nous connaitre ? Je veux dire nous connaitre vraiment.  Je ne comprends pas, dès fois je me dis que c’est pas si grave et qu’il ne faut pas essayer,  mais je peux pas m’en empêcher, je voudrais comprendre, je voudrais être moi…  Vous comprenez ? Et pis, j’ai fait trente six milles fois le tour de ce monde et j’ai pas trouvé ce que je cherchais. Pourtant, j’ai soulevé tous les cailloux, tous les rochers et rien. J’ai un petit vide tout en dessous de l’estomac, un peu à gauche et je sais pas ce qui pourrait le combler. Je voudrais rencontrer quelqu’un comme moi, quelqu’un avec qui je pourrais rester muet comme une carpe et qui comprendrait quand même, quelqu’un qui serait à côté de moi et comme par enchantement tout serait ordonné, un couturier qui réparerait mon âme en guenilles et mon petit cœur tout en lambeaux. Quelqu’un qui dirait vrai ou qui se tairait. Oh, je sais bien, vous me croyez pas, vous vous dites que j’exagère, que j’ai tout pour être heureux, une belle mare, une vie tranquille, je suis tout rouge, les écailles brillantes, l’œil vif et la queue frétillante, c’est déjà pas si mal, je sais bien, je sais bien. Qu’il faudrait que j’arrête de geindre et que j’aille de l’avant. Tout ça."

 -Oh, ben, non mon pauvre bonhomme, je comprends, que je lui fait. Tu cherches un petit trésor et tu ne sais pas ou le trouver, les salamandres, les reinettes, c’est bien joli, mais c’est un peu fade… Je comprends, je comprends. Faut t’accrocher, bientôt, tout bientôt, je suis sûre que tu vas trouver  ce que tu cherches …   Va de l’avant mon bougre, il faut que je te laisse mais je vais revenir, bientôt et je te raconterai des histoires.

A peine rentrée à la maison, j’ai crié :

 -Chéri, prépare les valises faut qu’on arpente les jardineries : y’a Alexouille qui a besoin de trouver chaussure à sa nageoire !

 -Euh, les valises ?? Pour acheter un poisson rouge ?

 -Ben oui, tu crois qu’on va trouver au premier endroit venu, une naïade exceptionnelle pour un poisson rouge-jaune qui raconte des histoires ?

 Avant de partir, me plantant le nez au ciel, j’ai dit : "demain mon bon monsieur, va falloir faire de la pluie." et le ciel de me répondre :

 -Mais tout le monde va pester : c’est dimanche.

 -M’en fiche, il faut qu’il pleuve jusqu’à ce qu’on revienne avec l’âme poissonne d’Alexouille, pis vous pouvez bien faire ça pour lui, non ? Vous croyez que je ne vous ai jamais vu, assis au bord de la mare, à l’écouter ? Il est triste, il veut qu'il pleuve, alors pleuvez !

Dernière mise à jour : ( 19-09-2009 )
 
10 septembre 2009
Les moutons perliers Suggérer par mail
Écrit par Chouravie   
10-09-2009

On dit d’une personne gentille qu’elle se fait manger la laine sur le dos. Ce qui sous-entendrait que les personnes gentilles sont des moutons. Ah bon ?  J’ai entendu un psy à deux balles dont j’ai oublié le nom (j’ai pas la mémoire des cons) dire que les gens gentils n’étaient pas équipés pour ce monde. Ah bon ? Ainsi pour être heureux, il faudrait être un loup et bouffer du mouton pour progresser à coup de crocs. Ah bon ? Il n’y aurait donc que deux catégories de personnes dans ce monde ? Les loups et les moutons ? Ceux qui réussissent et ceux qui ratent. J’ai croisé des loups avec colliers et des moutons avec une indépendance d’esprit rare, des loups dociles et des moutons insoumis, des moutons aigris, des boucs solitaires et des loups grégaires qui avaient besoin d’être en bande pour se croire plus forts, des moutons déguisés en loups et des loups déguisés en moutons et la pire des choses : un mouton adorable se transformer en loup à la longue. Il en est mort, paix à son âme…  (Des fois, quand je suis fatiguée, je pense à lui et je me dis : "reste gentille ma fille, sinon tu vas finir comme lui" et je repars, en trainant un peu la patte au début, mais je finis toujours par me remettre à trotter et à sautiller avec enthousiasme).  J’ai même vu de pauvres biques pousser de sacrés coups de gueule salutaires et impressionnants : l’effet de surprise joue toujours en faveur du gentil, ben oui, quelqu’un de sympatoche qui se met à pousser des cris de loups, ça scie les pattes des plus grands loups et un loup cul de jattes ben, c’est plus très impressionnant, c’est ri-di-cu-le. La meilleure arme pour combattre un loup, c’est l’humour : le loup n’aime jamais être tourné en ridicule, il est démasqué presque à coup sûr, son rire ou son sourire ressemblent à des grimaces. Un vrai gentil, quand il rit, il a le regard plein de malice et de tendresse qui s’illumine. Ce que je n’ai jamais vu, c’est un loup se transformer en agneau, je me demande si ça se peut, mais je suis une rêveuse, j’ai toujours cru en l’impossible.

 

ptibédo

 

Mais revenons à nos moutons, gentils et glabres, pis forcément malheureux vu qu’ils ne sont pas équipés pour ce monde. Ah bon ? L’union fait la force, ben voui et l’union des gens gentils fait la force tranquille. Pas de soucis, c’est un gentil : il va pas me brouter la laine que j’ai sur le dos, c’est un gentil. Ce qu’il y a, c’est qu’à la longue le mouton devient méfiant et la méfiance excessive pousse à passer à côté d’une vraie main tendue : "je vais encore me faire avoir, j’y vais pas". Erreur, très grosse, énorme, gigantesque : ne pas y aller, c’est peut-être passer à côté de quelqu’un de vraiment gentil, en qui on peut avoir une confiance aveugle. Des fois, j’en ai besoin, alors  je rêve de ce que serait capable d’accomplir un troupeau de moutons unis et gentils, des merveilles à n’en point douter, des bonbons pour l’âme.  Et puis amis moutons, n’oubliez jamais qu’un troupeau de moutons qui courent dans la même direction, c’est fichtrement impressionnant ! Je donne jamais de conseils d’ordinaire mais une fois n’est pas coutume : apprenez  à reconnaitre un vrai fou rire, d’un faux rire de loup comédien. Eloignez-vous des loups : les combattre, c’est épuisant. Après, il faut s’en remettre et puis rester en eaux troubles ça charge la laine de la bedaine (qui se fait bouffer plus rarement) en eau, et on coule. De toutes façons, il y a des tonnes d’êtres humains sur terre : se focaliser sur un, c’est prendre le risque de passer à côté d’une perle. Ben oui, les moutons sont aussi des huitres qui cachent bien souvent, trop souvent leur trésor sous une coquille de timidité, de fausse méchanceté et j’en passe… Si la vie est si compliquée,  c’est qu’on avance tous planqués, d’aucun pour mieux bouffer la laine que les autres ont sur le dos et d’autres pour ne pas se faire bouffer tout cru. Y’a mêmes des moutons gentils qui passent les uns à côtés des autres parce qu’ils ont peur de se montrer l’un à l’autre !

Comme je suis une solitaire (je suis une rêveuse) et que je suis farouche (on m'a bouffé beaucoup de laine sur la peau du dos) on me prend souvent pour un loup. J’ai un abord froid, il me faut un temps d’adaptation. Je me suis demandé, parfois, si j’étais un loup. Oui, mon plus gros défaut, c’est de douter de moi, ça m’a empêché de construire bien des choses (mais je me soigne) et pis un jour en observant Alexouille mon poisson rouge-jaune qui reçoit du courrier, j’ai vu mon reflet dans la mare : j’ai une tignasse qui ne trompe pas. Alors, je suis rentrée chez moi toute guillerette en bêlant à tue-tête ! J'aurais dû le savoir : j'avance en sautillant et je ne suis pas discrète, arriver à pas de loup, je sais pas faire, je débarque avec mes gros sabots, ben, voui, je suis un peu maladroite (j'ai pas confiance en moi, mais je me soigne). Tout ça, oui toute cette tartine, pour vous dire que j'ai des tonnes de trucs à vous raconter, mais je ne sais pas par quel bout commencer, oui, je suis un peu désordonnée, mais je me soigne, enfin pas trop quand même car si mon imaginaire ne part plus dans tous les coins, je risque de ne plus être moi-même et je vais quand même pas renier ma nature profonde !

Dernière mise à jour : ( 10-09-2009 )
 
06 mars 2009
Philibert lu Suggérer par mail
Écrit par Sandrine Brossel   
06-03-2009
 
Philibert le petit ver

Un auditeur distrait : qu’est-ce qui t’a filé la berlue ?

Moi : Meuh, non, j’ai pas la berlue, j’ai lu Philibert… Mais si, souvenez vous, Philibert, eh bien je l’ai lu là :

Version Haute Qualité (Haut débit) :

Version Moyenne Qualité (Bas débit) :

Dernière mise à jour : ( 10-03-2009 )
 
28 juin 2008
Philibert Suggérer par mail
Écrit par Sandrine Brossel   
28-06-2008

Suite à un de mes commentaires posté sur le blog de Monsieur Papistache , ce dernier m’a dit qu’il demandait à voir un papillon véreux…

Bon, je peux vous l’avouer, je sais bien que ça restera entre nous : j’ai eu bien du fil à retordre avec cette idée, car voyez vous, dans mon esprit de petite fille (ben oui, je n’ai que trente deux ans !), un papillon ne peut pas être foncièrement malhonnête ou malsain…

Alors, j’ai demandé un délai de quinze jours à monsieur Paspistache, histoire d’avoir du temps devant moi et finir par réussir à lui montrer un papillon véreux… Dans l’idéal, j’aurais voulu le peinturlurer, mais mes aquarelles font la tête. Oui, j’ai investi dans de nouvelles couleurs et comme mes aquarelles sont un peu susceptibles, elles l’ont mal pris… J’ai eu beau leur expliquer qu’elles serviraient encore, y’a rien eu à faire. Elles lorgnent mes tubes, pots, pinceaux tout beaux, tout neufs avec jalousie et envie. Et bien, mesdemoiselles les aquarelles, c’est pas joli, joli ! Il faut absolument que j’aille gérer ce conflit et éviter la rébellion générale, mais avant ça, je vous raconte l’histoire de Philibert, que j’aurais pu passer des mois à dessiner tant j’avais d’idées à ce sujet… Mais j’avais d’autres chats à caresser (ben non, je ne suis pas du genre à fouetter les chats) et puis, en plus, c’est la saison des confitures et des gelées… Ce que j’aurais voulu, c’est vous la lire en y mettant le ton… J’ai fait une requête à ce propos à la très haute réunion du conseil interjournalistique qui s’est tenue ici même hier de 12H21 à 12H24 en huis clos super confidentiel… ça suit son cours…

 Philibert

Philibert était un ver qui sortait un tout petit peu de l’ordinaire…

 

Philibert le petit ver

 

Il était né dans une pomme qui lui offrait le gite et le couvert, un peu comme tous les vers. Il l’avait mangée jusqu’au trognon… Ce qui n’a rien d’extraordinaire. Puis, quand il l’eut terminé, il en dévora une autre, puis une autre et encore une autre et ainsi de suite. Toujours rien d’extraordinaire… Il avait ainsi ordinairement englouti des tas de pommes et en croquerait  encore comme ça des tas jusqu’à la fin des temps… Probablement, car c’était dans sa nature ordinaire de petit ver de croquer gaiement les pommes à pleine dents : Scronch, scronch scronch, scrouinch, scronch, scronch, scronh, scrach…

 

un coup d'oeil par la fenêtre...

 

Ah ! ça ! On peut dire qu’il mettait du cœur et de l’appétit à l’ouvrage… Jusque là, toujours rien d’extraordinaire… Parfois, il sortait la tête de son trou et regardait rêveusement (oui, c’est là que ça sors un tout petit peu de l’ordinaire) les insectes colorés qui butinaient la prairie… Il lui arrivait même de rester ainsi jusqu’à la nuit, attendant de voir les étoiles et les lampadaires s’allumer… Il attendait patiemment pour voir les bombyx valser avec les ampoules…

 

Valse

Quel joli métier tout de même : c’était un peu autre chose que de ripailler toute la journée…

Une envie secrète rongeait le petit Philibert : il voulait devenir papillon. De jour, de nuit, de printemps ou même d’hiver, peu lui importait, il voulait devenir papillon, tout simplement… ça ne datait pas d’hier, non, ça datait de l’avant-avant dernière pluie. A cette date précise, il avait regardé une chenille tisser son cocon et dormir… Déjà là, ça lui avait bien plu : le tissage-enroulage dans une couverture toute soyeuse et la sieste si longue, si longue… ça le faisait rêver. Il était revenu à l’avant dernière pluie… Rien n’avait changé : le cocon pendouillait à sa branche de chou Daubenton et se balançait lascivement au gré des vents caressants… C’est à la dernière pluie que le miracle se produisit : zip, le cocon s’ouvrit en deux pour laisser apparaitre deux ailes couleur de songe… Un insecte-fée se mit à voler et à virevolter dans les airs, dansant magiquement sur des musiques invisibles…

 

voler-virevoleter

Depuis, Philibert s’abandonnait souvent à la contemplation des papillons, rêvant de quitter son fruit pour voler dans les nues et valser avec les ampoules… D’ailleurs en ce moment, il rêvait en regardant un machaon…

 

le rêve de Philibert

Un vieux ver l’apostropha sur un ton militaire :

 -Alors, c’est comme ça qu’on travaille ?

 -Je me repose un peu…

 -C’est pas comme ça qu’on va venir à bout de cet arbre !

 -On devient quoi après ?

 -Après quoi ?

 -Ben après avoir mangé toutes les pommes ?

 -On va sur un autre arbre : celui d’à côté me semble tout indiqué, et on recommence…

 -C’est ça notre vie, alors ? Manger des pommes toute la journée, encore toujours tout le temps ?

 -Ben oui, qu’est ce que tu voudrais faire d’autre ?

 -Je sais pas moi, voler…

 -Voler ! Mais t’a pris un coup de soleil à force de regarder par la fenêtre ou quoi ? Si tu essayes de prendre ton envol, tu vas finir étalé en bas comme une fiente, ni plus ni moins. Allez, arrête de rêver petit et finit de manger ta pomme… Le vieux vers partit en haussant son p’tit corps vermoulu et en soupirant : ‘pauvre petit…’

 -C’est que c’est un peu monotone… marmonna Philibert en retournant au creux de sa pomme… Et puis des pommes, toujours des pommes, y’en a marre à la fin…

Scronch, bof, scrouich, pas terrible…

 - Oh et puis décidemment c’est pas une vie !

Philibert partit arpenter sa branche d’une ondulation décidée. Il se pencha observa, regarda, épia, tâta, palpa…

 -Cette feuille ci devrait faire l’affaire ! Elle m’a l’air bien douillette et confortable. Allez hop…

Le petit ver descendit, bien accroché au pétiole et s’enroula dans son désormais cocon.

 

cocon feuillu

 

Nul ne sait vraiment ce qui se passa à l’intérieur. De temps en temps, ça frémissait… On racontait qu’il se nourrissait de l’air du temps et de rêves… C’était peut-être vrai. Peut-être était-on loin de la vérité… Qui sait ? Pas moi !

L’hiver arriva, la léthargie gagna l’arbre, les près, le village… Plus rien ne bougeait, tout dormait d’un repos calfeutré, un tantinet tristounet, tout  blanchissait, grisaillait : tout sauf un certain pommier qui curieusement avait perdu toutes ses feuilles sauf une, une toute petite, toute verte, toute recroquevillée… L’hiver passa, une autre saison lui succéda, puis une autre et encore une autre… Cent ans finirent par s’être écoulé et le cocon feuillu se mit enfin à remuer.

 

rêve réalisé

 

Zip, deux ailes couleur de songe en sortirent et un insecte fée se mit à voler et virevolter dans les airs, dansant sur une musique céleste et invisible…

 

Voulez-vous valser ?


Dernière mise à jour : ( 06-03-2009 )
 
17 juin 2008
La cigale à Tilu et la fourmi à l'autre Suggérer par mail
Écrit par Chouravie   
17-06-2008

Chouravie : Oh ! La, la, la, la, la, la ! J’étais partie faire un tour dans l’imaginaire de Sandrine pour ramener un croquis de cigale à Tilu

Un lecteur : Pourquoi un croquis de cigale à Tilu ?

Chouravie : Ben parce qu’elle me l’a demandé pardi ! Au neuvième commentaire de 'Et si...' elle voulait un croquis de cigale pour faire l’été : je sais pas si j’ai réussi…

Sandrine, une nordiste qui n’a jamais vu le sud à 28 degrés : C’est quoi une cigale ?

Chouravie : Ben, Tilu, elle explique tout , il suffit de cliquer et zoup t’es sur son blog... Oui, tu sais bien, Internet, c’est magique ! On y rencontre même des humains sympathiques…

Un lecteur : Et t’en as vue une, de cigale, dans l’imaginaire de Sandrine ?

Chouravie : Oui, au milieu d’Onlapellepa, la jungle sans nom que constitue l’imaginaire de Sandrine, j’ai vu une cigale qui criait famine et qui essayait de faire les yeux doux à une fourmi…

 

La cigale de Tilu


Oui, alors, non, c’est pas la peine de me demander de croquis de la fourmi, parce que j’ai vraiment pas eu envie de la dessiner. Oh, ça non alors ! Faut dire qu’elle était pas jolie, jolie, mam’zelle la fourmi,  arrogante, et pis méchante avec ça, pingre : tout pour déplaire ! La première fois que je l’ai vue, elle engueulait la pauvre cigale affamée, sur un ton de surgénéral en chef des armées despotiques et tyranniques… J’en ai des frissons dans le dos rien que d’y repenser !

 -Ben t’avais qu’à travailler pour avoir de quoi manger… Qu’elle lui fait et pis, elle voyait pas pourquoi elle allait la nourrir. Elle avait qu’à être courageuse et travailleuse comme elle, le si bel exemple ! (Entre parenthèses, la fourmi  était tellement avaricieuse et avait engrangé tant de grains que ça sentait le moisi et la pourriture au travers sa porte entrouverte). Et c’était pas fini ! Vous allez peut-être pas me croire, vous savez ce qu’elle a fini par lui dire à la pauvre cigale grelottante au bord de l’inanition ?

 - Eh bien dansez maintenant !

J’en suis toujours pas revenue, qu’elle toupet ! Oui, parce que le petit insecte hyménoptère (oui, mon dictionnaire à du vocabulaire, alors, je l’utilise) est peut-être du genre à dénigrer les chanteurs, mais elle a rien contre un spectacle gratuit devant sa porte ! D’abord, j’t’écoute chanter tout l’été, c’est toujours ça de pris. Ensuite, je m’en fiche plein les mirettes et je file même pas l’obole d’un grain de riz à l’artiste qui a répété ses mélodies et sa chorégraphie tout l’été !

Vous vous rendez compte ? Il parait qu’on apprend cette histoire à tout un tas d’enfants !  ça fait parti du patrimoine ! Tout le monde devrait la connaitre… Pour apprendre et connaitre quoi au juste ? A dénigrer son prochain ? A être avare ? A faire croire que les artistes sont de la roupie de sansonnet ?  Je suis outrée !

Heureusement toutes les fourmis n’ont pas l’air d’être faites dans le même moule : en repartant de la fourmilière garde-manger de cette pingre mégère, j’ai entraperçu une fourmi un peu givrée (Lisa Vinci ou Mona Leonard, j’ai jamais bien eu la mémoire des noms). Elle prétendait être un génie, elle était en train de faire des tas de croquis et des plans pour construire une machine afin de devenir la toute première fourmi à z’ailes…

Bon sur ce, faut que je vous laisse : il faut que je retourne explorer la jungle imaginative de l’auteur de ce blog. Oui, j’ai besoin de dénicher un papillon véreux pour le donner à voir à Monsieur Papistache dans douze jours ! Pour l’instant j’ai trouvé un gros morceau de fromage, une chèvre (avec une tendance véreuse, mais par accident…) un kiwi, une scie, un arbre famille, une poupée russe, mais toujours pas de papillon véreux…

Dernière mise à jour : ( 17-06-2008 )
 
16 juin 2008
Et si... Suggérer par mail
Écrit par Chouravie   
16-06-2008

 ... une simple hirondelle griffonnée suffisait à faire le printemps...

 

hirondelle

 

Dernière mise à jour : ( 22-08-2010 )
 
08 juin 2008
Quand la fée du logis n’est pas là, les moutons dansent Suggérer par mail
Écrit par Sandrine Brossel   
08-06-2008

 ou «qu’est ce qu’on peut bien écrire quand on n’a rien à raconter et qu’on est en sécheresse d’inspiration…»

CONSTAT DE DEPART : La poussière, c’est vachement courageux, ça ne prend jamais de vacances !

En effet, une épaisse couche de poussière avait copieusement profité de mon absence et de la maison vide pour prendre ses aises et s’installer confortablement du sol au plafond… Elle avait nidifié partout et me narguait, tranquillement pelotonnée dans les petits recoins les plus sympathiques de mon chez moi, tricotant des moutons duveteux qu’elle semait ça et là, s’appropriant chaque chose, jusqu’à mon pinceau fétiche, mon sublime numéro 6, tout en poil de martre consentante pour qu’on l’épile, heureuse qu’on sacrifie une partie pileuse de son anatomie pour étaler les couleurs d’une fabriqueuse d’images à l’imaginaire trop nourri… Bref, c’en était trop ! Il était temps que je montre à Dame poussière qui était l’hôtesse de ces lieux, diantre, fichtre, palsemvert d’extraterrestre !

Rusée comme une souris, je suis partie en catimini dans mon placard à balais (situé sous l’escalier qui mène aux chambres et à mon atelier : oui, j’ai décidé de vous livrer ce détail de mon intimité très personnelle) pour quérir un chiffon, recyclé s’il vous plait, en microfibres : un truc génial qui a la propriété de retenir la poussière. Il est tout imprégné (enfin, je crois) de phéromones ménagères : aucune poussière ne peut résister à son sexe à piles, enfin à mon huile de coude… Bref, armé de mon chiffon suintant de testostérone, je me suis embusquée dans mon salon, m’apprêtant à prendre  d’assaut et par surprise ma table basse et ses bibelots… Et c’est là que je l’ai aperçue : ma valise, coincée, fermée ; elle  me lorgnait en pensant si fort, que je l’ai entendue, la bougresse !

 -Te v’là toute seule… Tu fais moins la maligne maintenant ? C’est sûr, t’en as vu du monde et du beau monde encore… Mais maintenant t’es toute seule dans ton logis poussiéreux… et moi, je vais rester là, fermée comme une huitre introvertie… Ah, tu m’as trimballée pendant dix jours, de voiture en chambres, de chambres en salon… Et vas-y que tu me cognes aux portières, 2700 bornes sans te soucier de mes articulations et vas-y que tu me colles ton popotin sur le dos pour mieux me clouer le bec… Je suis pas prête de m’ouvrir, et toc !

Popotin ! Non, mais pour qui elle se prenait dis donc ! Ben oui, c’est qu’elle en a vu du pays, confortablement installée sur le siège arrière de la voiture, parce que j’aurais tout aussi bien pu la séquestrer dans le coffre. Quelle ingrate !

J’ai balancé mon chiffon, laissant à la poussière un sursis bien mérité. Elle était peut-être envahissante, certes, mais elle n’était pas arrogante elle au moins ! Je me suis ruée sur l’inconvenante, histoire de l’empêcher de continuer à pérorer, non mais ! Après une longue lutte acharnée, à coup de griffes et de dents, j’ai fini par réussir à l’ouvrir en m’aidant de mes quatre membres (ben oui, je ne renie pas un quelconque lien de parenté avec nos lointains cousins primates : après tout ça rend des services parfois).

Je peux vous dire que ma valise explosée et complètement vidée faisait moins la fière ! Plus rien à dire ! En faisant voler tout son contenu, j’ai fini par mettre une main sur mon appareil photo et je me suis dit que je méritais bien une petite pause… Alors, je suis partie regarder les derniers clichés… Et, oh ! Au milieu des vignes, des amis et des vieilles pierres, j’ai trouvé :

une oreille du loup rose       Le museau du loup rose

                   une oreille,                             un bout de museau,

Une moustache du loup rose

 une moustache,

Un oeil du loup rose

 un œil…

Non, c’est pas possible. Et pourtant… serait-ce ? Je me demande… Ne serait-ce pas un loup rose que j’aurais ramené dans ma valise ?

 

Le loup rose

 

Au prochain épisode, compte-rendu de ma prochaine mission impossible : comment rendre attractif mon CV gruyère ? Une amie m’a suggéré : « Et si tu essayais de combler les trous de gruyère avec des arabesques, des loups roses, des boucs émissaires, enfin toutes ces choses qui traversent régulièrement ton jardin et ton salon, hum ? C'est que ça ferait un cv magicalistique et bien plus original qu'un autre, je crois ! »

A réfléchir…

Dernière mise à jour : ( 03-07-2008 )
 
05 avril 2008
Toujours pas de traces du loup rose... Suggérer par mail
Écrit par Incognito   
05-04-2008

Depuis que je sais que Sandrine est partie à la recherche de son loup rose, je suis embusqué derrière un buisson avec mon matériel haute technologie (carnet à croquis, crayon de bois, aquarelles...) et je guette...

Je n'ai vu ni Sandrine qui semble avoir mystérieusement disparu de la circulation, ni de loup rose... mais, j'ai surpris une girafe qui se balladait dans le champ de fraises...

une girafe

 

Dernière mise à jour : ( 28-04-2008 )
 
26 janvier 2008
Rendons ses lettres de noblesse à cet animal sympathique qu'est le cochon Suggérer par mail
Écrit par Koudgueul   
26-01-2008

C'est tout de même dingue tous les reproches qu'on peut faire à cet animal ! Avoir un caractère de cochon, dessiner comme un porc, faire du boudin, être sale comme un porçin... et j'en passe : la liste est longue et je n'ai pas le talent d'un Prévert pour faire un tel inventaire.

Saucisson

La seule infime chose qu'on lui concède volontiers, c'est que chez lui il n'y a rien à jeter... 

Dernière mise à jour : ( 06-04-2008 )
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08 janvier 2008
Soldes : consommez utile, offrez vous un Bouc émissaire Suggérer par mail
Écrit par Lisons   
08-01-2008

Si vous n'avez pas reçu à Noël, à votre anniversaire ou pour toute autre circonstance de la vie, le cadeau idéal, l'indispensable, l'exacte contraire de l'inutile et du superflu, n'attendez plus et profitez des soldes pour vous l'offrir. Mais ne vous précipitez pas, il y en aura pour tout le monde, alors c'est complètement inutile d'égorger votre voisine ou d'étripper la moitié de la foule pour vous procurer cet objet si nécessaire que vous vous demanderez sans cesse comment vous avez bien pu vous en passer jusqu'à maintenant...

J'ai écrit : le 'Bouc émissaire'

Celui  vers qui vous pouvez tourner toute votre haine et votre colère, sans que ça ne prête à conséquence. Le responsable de tous vos malheurs, du ratage le plus complet de votre vie et j'en passe et des pires.

Le mien ressemble à ceci :

 

Cafouillon, mon Bouc Emissaire

Oui, je sais, il faut vraiment le vouloir pour lui crier dessus... 

En attendant que vous vous procuriez le votre, je vous le prête. Ce sera moins efficace qu'avec votre vrai Bouc émissaire, mais ça vous défoulera à n'en point douter. Bon d'accord, le mien c'est un mouton avec une fausse barbiche et un air un peu niais... Mais en fait, c'est ça le truc, on a tous notre propre Bouc émissaire, ce qu'il y a de moins facile, c'est de savoir lequel est le bon. Si ça se trouve, le votre, c'est un tire-bouchon, une tasse à café ou un quelconque autre truc identifiable par l'intérêt particulier que vous y portez... Le hasard des circonstances nous met généralement face à lui, comme devant une évidence limpide et claire et là, il n'y a qu'une chose à faire : l'acheter... Oui, le Bouc émissaire est forcément un objet du commerce. Ça ne peut en aucun cas être son meilleur pote, sa femme, son chien, un gosse, un employé... même avec le premier quidam venu, ça ne fonctionne pas. D'ailleurs, le Bouc émissaire n'est jamais vivant et ça ne fonctionne pas avec un mort non plus ! Avec un mort vivant je sais pas, faut voir... Autre chose encore, si vous êtes du genre violent, évitez de porter votre choix sur un objet cassable : votre Bouc émissaire est forcement du genre solide comme un rocher.

Dernière mise à jour : ( 03-08-2010 )
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