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La rubrique de Koudgueul
17 octobre 2008
Là où on étouffe des livres, on finit par étouffer des hommes. Suggérer par mail
Écrit par Koudgueul   
17-10-2008
Pour le livre...

Je suis pas du genre à parler politique sur mon blog. Je m’insurge et je peste généralement parce que ne je peux rien faire, je n’ai jamais le recul nécessaire ou je ne connais pas suffisamment le dossier pour envisager les tenants et les aboutissants. Je vois la misère s’installer en me demandant si je ne pourrais pas faire quelque chose. Je fais parfois ce que je peux, rarement ce que je voudrais. Une de mes plus grandes peurs, c’est de voir notre culture affectée, s’appauvrir et être contaminée au point de lui voir ôter sa si belle diversité. Les liens sociaux se délitent suffisamment comme ça, si la culture se normalise, où va t-on ?  Je ne sais pas précisément mais vers un point auquel je ne tends pas !

Une des choses que j’aime par-dessus tout dans notre pays, c’est qu’on y trouve à côté des gros mégastores culturels, de petites librairies qui distribuent des petites maisons d’édition auxquels les grands groupes ne daigneraient pas s’intéresser. Je sais pas pour vous, mais pour ce qui me concerne j’ai envie dans l’avenir de pouvoir acheter les publications de l’atelier du poisson soluble ou les p’tits livres de Monsieur Filaplömb, entre autres, je ne vous ferai pas la liste exhaustive des maisons d’éditions de la pénombre qui font un travail remarquable et qui offrent de véritables bulles d’air frais en ayant la grandeur de s’intéresser d’avantage aux auteurs qu’au profit.

Vous vous souvenez des grandes surfaces qui ont étouffé progressivement les petits bouchers, les petits boulangers et j’en passe. Vous avez gouté sous votre langue et vos papilles les changements de goûts. Ah ! Ce parfum de la bidoche de mon enfance désormais normalisé par une industrie agro alimentaire qui en vue de faire des économies et de plus en plus de profit nous fabrique nos futurs cancers et autres maladies cardiovasculaires… Eh bien c’est ce qui risque d’advenir avec notre diversité culturelle livresque. En ce moment circule un appel pour le livre, rejoignez-le en le signant chez votre libraire ou sur internet. Toutes les informations sont disponibles sur le site : http://Pourlelivre.wordpress.com

 

Dernière mise à jour : ( 17-10-2008 )
 
23 septembre 2008
Oh que ça m'agace ! Suggérer par mail
Écrit par Koudgueul   
23-09-2008

Est-ce qu'on pourrait arrêter de se demander qu'elle est la part autobiographique d'un bouquin, d'une histoire et se concentrer sur le travail ? Bon sang de bois brut de décoffrage ! Nan, parce qu'il arrive que le travail représente plus de 90 % d'un bouquin ! En ce qui me concerne, ça peut aller jusqu'à 97%, car si j'ai l'imaginaire fertile, en revanche j'ai peu de talent et il me faut donc résolument beaucoup travailler.

Avant de bientôt mettre mon quatrième chapitre de Palimpseste en ligne, je voudrais remettre les pendules de l'écriture à l'heure et notamment les pendules palimpsestiennes... Alors, je ne suis pas Lisons, ma mère ne chialait pas en me regardant mioche et je ne cherche pas un gars qui répondrait au critère de la petite annonce du début de mon livre ! J'ai choisi un cochon dans mon Palimpseste parce que j'aime bien ça, les cochons roses et proprets. Je trouve que c'est un animal accusé de bien des travers depuis trop longtemps et je suis du genre à défendre la veuve, le cochon et l'orphelin ! 

Si j'aime écrire, c'est que la page blanche est le plus fabuleux espace de liberté qui soit : en pliant, tordant et assemblant les mots et les phrases, on peut faire à peu près n'importe quoi. Un torcheur de croute peut devenir le génie pictural de son temps, le dernier des lâches le plus grand courageux que la terre ait porté, un éjaculateur précoce  peut se métamorphoser en un amant hors norme (c'est d'ailleurs, le cas de Don juan : s'il changeait si souvent de conquête, ce n'est pas parce qu'il aimait courir les filles, mais parce qu'il avait trop honte de ne pas les satisfaire ! Ce n'était pas par goût mais par lâcheté qu'il passait son temps à changer d'identité et de femme. Ne rigolez pas, j'ai étudié ça à la fac ! Or, c'est vachement sérieux l'université. Et puisque c'est si sérieux, la preuve est donc faite qu'on peut faire dire à un texte tout et n'importe quoi !).

Je ne vois pas pourquoi je devrais revendiquer à tout bout de champ le droit d'user de ma liberté d'écrivain. Alors si je cuisine un mafieux, on va m'imaginer flic ou cannibale ? Et si je défends une prostituée, que je me suis mise à exercer le plus vieux du monde ? Faut-il que je m'inscrive en fac de médecine pour écorcher vif un chirurgien ?  Franchement, soyons raisonnable... Si je fais mourir un type dans une histoire, va-t-on croire que je suis une meurtrière ? Et si ce type l'avait bien cherché, après tout, ça en soulagerait peut-être plus d'un, de le voir gisant sur une feuille blanche, vous ne trouvez pas ? Moi si... J'écris parfois en réaction... Oui, il arrive que dans certains cas, l'écriture soit une nécessité vitale pour moi. An fond, elle n'est que l'aveu de mon impuissance à changer les choses.  Par exemple, je viens d'entendre une sombre histoire, une histoire de gars qui cogne sur une femme. Alors, je n'ai qu'une envie : me soulager de la misère humaine sur le papier à défaut de pouvoir faire autre chose...

Mettons que ce type était tout ce qu'il ya de plus précieux, oui c'est le mot qui me parait le plus approprié. Je déteste ce qualificatif... Mettons qu'il s'appelait André ou Tartampion, qu'importe, il ne devrait même pas avoir de nom. Il était lettré, toujours propre sur lui, manucuré de frais, le costume toujours impeccable et la cravate particulièrement bien nouée. Il arborait un petit sourire légèrement pincé et était très poli. (Ma mémère aurait dit qu'il était trop poli pour être honnête et elle aurait eu raison...). Il disposait des femmes comme on dispose des objets. De préférence des objets jetables et tant pis si c'est pas recyclable...  Il était néanmoins vieux garçon et bien qu'il gagne parfaitement sa vie, il vivait encore chez sa Môman, car sa Môman repassait impeccablement les chemises, faisait un bon fricot et curait parfaitement les derrières de meubles... Môman avait une belle maison avec un porte manteau serviable, un vrai gentleman, courtois et courageux : il pouvait porter jusqu'à vingt manteaux sans faiblir.
Môman était vieille, elle avait l'âge d'être plusieurs fois grand-mère et aurait dû jouer les mamies gâteau pour une ribambelle de chiards... Oui, mais Môman n'avait qu'un fils. Un fils unique qui, pour tromper l'ennui, lui cognait dessus. Jamais sur le visage, toujours sur une partie recouverte par un vêtement, de préférence un endroit bien caché que Môman ne montrait plus depuis bien longtemps. Très exactement depuis qu'elle n'avait plus d'homme dans sa vie à part son fils qui n'était pas vraiment un homme...

Tous les matins, André lisait son journal en se faisant servir le petit déjeuner par sa vieille mère qui n'avait pas le droit de partager sa table : manquerait plus que ça ! Malheureusement, la bourse s'était effondrée ce matin là. Toutes ses petites économies qui faisaient de jolis zéros bien alignés sur son compte en banque fondaient comme neige au soleil... Môman passait par là, elle avait tord, elle en serait responsable pis, faut bien se défouler un peu avant d'aller au boulot, non ? Faudrait voir à pas s'en prendre au chef ou à un collègue... Dehors, il faut rester toujours poli et courtois... Qu'est-ce que les gens pourraient bien penser de lui, sinon ?

Il n'y était pas allé de main morte. Môman était sur le carreau. Il la piétina une dernière fois en sortant. Heureusement, le fidèle et serviable porte manteau prêta main forte à la pauvre vieille et appuyée contre lui, elle pu se remettre d'aplomb et se trainer tant bien que mal jusqu'à son lit pour y rendre son dernier souffle...

André, quant à lui, eut une excellente journée : il gagna du gallon, eut une promotion et fit des placements extraordinaires et son compte en banque se remplit à nouveau de tout un tas de zéro qui faisait une somme colossale, indépensable en une seule vie...

Rentré chez lui tard, le sourire aux lèvres, heureux de retrouver son lit avec des draps frais parfumés à la lavande, il s'est précipité dans le couloir pour aller se coucher au plus vite. Oui mais, c'était sans compter sur le porte manteau qui l'y attendait de pied ferme. L'objet excédé lui est tombé dessus, cognant tout son content. André, bleu, gisait sur le sol, tremblant : le porte manteau se redressa et retourna dans son coin pleurer la vieille de tout son coeur de bois brut...

Dans mon monde à moi, celui que je m'invente pour compenser et qui est juste, d'une justice inébranlable, les objets ont parfois plus d'âme que les êtres humains... De toute façon, qui donc porterait secours à une vieille femme humiliée ? Alors quand j'entends une histoire sordide de ce genre là, je me dis qu'il n'y a plus qu'à espérer que les objets mille fois témoins d'atrocités sans nom aient une âme et du courage... 
 
Que se cache-t-il donc derrière les gens qui savent toujours tout maitriser ? Sagesse zen, ou autre chose ? Nul ne le sait...
Il ya des jours, des jours comme aujourd'hui, ou j'aime les hommes incapables de se maitriser, qui se mettent à défendre avec fougue ou colère une idée, une personne en pleine société, au su et au vu de tout le monde... Oui, j'aime les grandes gueules... Et j'aime encore plus les hommes qui ont le courage de pleurer devant témoins parce qu'ils sont malheureux. Un aveu de faiblesse est sans doute la plus belle marque de courage... Je crois qu'il n'y a que les lâches pour dire qu'ils sont toujours forts...
Dernière mise à jour : ( 23-10-2008 )
 
07 août 2008
Mes tripes sont à l'envers, mais y'a un truc qui me console Suggérer par mail
Écrit par Sandrine Brossel   
07-08-2008

Je voudrais que le gouvernement soit un jeu de quilles. Je suis pas très douée au bowling, mais là je vous assure que je ferais un strike.

Vous avez tous vu des images de Boussières, d'Hautmont et des villages alentours, inutile de vous en montrer, 500 maisons ravagées, écroulées, des arbres déracinés, je ne vous parlerai pas des badauds qui viennent se balader, regarder le malheur des autres...  La race humaine est ainsi faite, inutile de le souligner. L'état sans majuscule n'a pas décrété l'Etat de catastrophe naturelle, je me demande ce qu'il lui faut ! Bien sûr quand on a deux, trois biens immobiliers et un compte en banque qui permettrait de se racheter en triple exemplaire ce qui a été perdu, comment envisager qu'un tas de briques et de la vaisselle cassée puissent être le douloureux symbole d'une vie ruinée ? Hein ?

Ces dignes personnes éprouvées ont tout de même une richesse que beaucoup des messieurs précités ne doivent qu'à leur fortune, ils ont des amis, des voisins, des inconnus aussi parfois, tous solidaires et sur lesquels ils peuvent compter... ça me console un peu, y'a de l'espoir quelque part, mais ces messieurs les politiques m'ont mis les tripes à l'envers.

PS : Je voudrais adresser de chaleureux remerciements à ceux qui se sont inquiétés de savoir si nous avions subit des dégats... Vraiment merci, ça fait chaud au coeur. Nous sommes de bienheureux nordistes avec un toit au dessus de la tête, de la vaisselle dans nos placards et des arbustes dans notre jardin... 

Dernière mise à jour : ( 07-08-2008 )
 
15 juillet 2008
Ne perdez pas le Nord ! Suggérer par mail
Écrit par Koudgueul   
15-07-2008
nuages tout recyclés

Je ne regarde jamais la météo à la télé, où alors seulement par accident. J’ai de bonnes raisons pour ça : j’ai une dent contre les présentatrices météo trop minces. Non pas que je sois jalouse de leur sveltesse 0% de matière grasse sans sucre ajouté, je suis bien trop heureuse d’avoir quitté les rangs des maigres depuis y’a pas si longtemps et de ne plus m’équiper au rayon quatorze ans pour envier les filiformes dégraissées… Non, si je déteste les présentatrices météo, c’est bien parce qu’un jour comme ça sans prendre de gants, l’une d’elle particulièrement osseuse et malingre a annoncé : il fera beau sur l’ensemble du pays. Chouette ! En regardant la carte attentivement, j’y ai vu de beaux gros soleil partout, mais aussi une grosse écharpe nuageuse et pluvieuse sur le Nord de la France. Voilà donc comment j’ai appris un soir sans avoir été préparée le moins du monde psychologiquement que le Nord ne faisait plus partie de la France ! Boycotté pour température trop froide, manque de chaleur et pluies trop abondantes…  Je me suis dit : c’est une erreur, la gourdasse s’est trompée ; elle va se faire virer comme une malpropre, passer par la case départ sans toucher les 20000... Bref, le sors et les dés étaient jetés. Le lendemain, au rendez-vous des anticyclones, j’étais à l’affut devant mon poste pile poil à l’heure. Diantre, fichtre palsambleu tonnerre de Lille avec des cris de Blaireaux, elle était toujours là ! Bon, elle allait s’excuser, c’était certain. Eh bien non, elle a annoncé telle une pythie de mauvaise augure des températures hivernales, s’apitoyant sur le triste sors des hexagoniens… Nous a fait le coup des Açores et a une fois de plus dénigré le Nord en n’évoquant même pas le beau gros soleil qui trônait seul, magnifique, légèrement taquin au sommet de la carte ! Mais pour qui elle se prenait celle-là, à la fin ! J’ai changé de chaine : autre présentatrice, même discours… Depuis ce jour et pendant fort longtemps, j’ai scruté mon téléviseur, lorgné les cartes, écouté les prévisions de tout un tas de speakerines faméliques (prévisions qui sont parfois pour ne pas dire souvent moins fiables que les horoscopes  de Madame Soleil). A chaque fois le même constat : lorsque l’une d’elle évoquait  le Nord, elle pointait son doigt impeccablement manucuré au mieux sur Paris et nous ignorait ou nous dénigrait publiquement ! C’était un complot, toutes les chaines sans exception nous avaient ainsi chassés de la cartographie française…

Alors depuis et c’est bien légitime, je ne regarde plus jamais un bulletin météorologique ou alors seulement par accident. Désormais, pour savoir le temps qu’il fait, je pointe le nez dehors et j’observe le ciel… C’est fiable : il pleut, mon nez est mouillé. Il gèle, mon p’tit minois est tout froid. Il fait beau, mon museau se tortille sous les rayons du soleil… C’est pas plus compliqué que ça !

Ce matin mal réveillée, j’ai allumé ma téloche au moment pile ou la présentatrice météo toujours trop maigre disait : «  il fera beau sur l’ensemble du pays, l’été est enfin arrivé ! Il y aura bien quelques nuages et quelques pluies des côtes bretonnes jusqu’au Nord mais il fera du grand beau soleil partout ailleurs… ». Jusque là, j’avais rien à lui reprocher, à part de m’avoir fait espérer l’été un quart de seconde, mais ça été plus fort qu’elle, il a fallu qu’elle rajoute : « et c’est le plus important ». Son « et c’est le plus important », je ne vous le cache pas, m’est resté en travers de la gorge ! Et pis j’aimerai bien savoir pourquoi il est moins important qu’il pleuve toute la semaine dans le joli Nord de la France, hein ? C’est charmant un ciel tout gris plein de nuages. On y voit tout un tas de trucs extraordinaires dans les cumulus, les stratus et autres stradivarius (Ben si ça existe : ce sont des nuages musicaux qui pleuvent des cordes).

Et puis ce qu’il a de génial, c’est que d’abord, dans le Nord, on sait très bien s’occuper quand il pleut et qu’ensuite et surtout, on profite de chaque jour de beau temps comme si ça allait être le dernier ! Tiens par exemple, hier il faisait beau, alors, je me suis baladée pied nus toute la journée : c’est un de mes p’tits plaisirs préférés, ce que je préfère encore,  c’est me promener pieds nus dans le trèfle fraichement tondu, tout doux et tout chatouilleux, en souriant au soleil et en humant le parfum de l’humidité qui s’évapore et hier, je ne me suis pas privée… Mais ce n’est pas le sujet, non, le sujet, c’est que météorologiquement parlant, je ne fais plus partie de la France ! « Bien m’dame, d’accord m’dame la météo. D’abord je m’en fiche parce que je suis une citoyenne du monde, moi d’abord ! ».

Koudgueul

Dernière mise à jour : ( 21-07-2008 )
 
08 mars 2008
La confiance, les rumeurs Suggérer par mail
Écrit par Koudgueul   
07-03-2008

Il y a une rumeur selon laquelle la confiance serait une chose comptabilisable. Du genre qu'on pourrait disséquer et distribuer petit bout par petit bout, à dose homéopathique, comme une tarte à diviser en quartiers de plus ou moins grande taille.

Dernière mise à jour : ( 09-03-2008 )
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10 octobre 2007
Je m'en vais vous faire le portrait de la Politesse Suggérer par mail
Écrit par Koudgueul   
10-10-2007

Sous ses apparences belles et courtoises, sous ses airs de grande dame, il ne faut tout de même pas s'imaginer qu'elle soit si jolie, jolie que ça, Madame la politesse.

Dernière mise à jour : ( 28-12-2007 )
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