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Avis au lecteur

Les situations, les faits, les personnages sont le fruit de mon imaginaire qui a grandi en se nourrissant de ce qu’il aimait.

Toute ressemblance avec une situation, une per- sonne ou un fait réels ne serait que le fruit du hasard, qui n’est pas tout à fait le même fruit que celui de mon imagina- tion.

Sandrine

Chou Barres

Vous vous balladez dans ma propriété intel-lectuelle, vous pouvez vous y promener à loisir, prendre vos aises, lire, relire, voir, regarder, fouiller et farfouiller mon imaginaire qui est ma seule véritable ‘richesse’ (oui, je sais, c’est pas grand-chose, mais c’est déjà çà !). Toutefois, con- formément au droit de propriété intellectuelle n’oubliez tout de même pas que vous êtes chez moi et demandez mon accord écrit si vous voulez utiliser mon travail d’une manière ou d’une autre, quelque soit le support… merci.

Sandrine

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23 septembre 2008
Oh que ça m'agace ! Suggérer par mail
Écrit par Koudgueul   
23-09-2008

Est-ce qu'on pourrait arrêter de se demander qu'elle est la part autobiographique d'un bouquin, d'une histoire et se concentrer sur le travail ? Bon sang de bois brut de décoffrage ! Nan, parce qu'il arrive que le travail représente plus de 90 % d'un bouquin ! En ce qui me concerne, ça peut aller jusqu'à 97%, car si j'ai l'imaginaire fertile, en revanche j'ai peu de talent et il me faut donc résolument beaucoup travailler.

Avant de bientôt mettre mon quatrième chapitre de Palimpseste en ligne, je voudrais remettre les pendules de l'écriture à l'heure et notamment les pendules palimpsestiennes... Alors, je ne suis pas Lisons, ma mère ne chialait pas en me regardant mioche et je ne cherche pas un gars qui répondrait au critère de la petite annonce du début de mon livre ! J'ai choisi un cochon dans mon Palimpseste parce que j'aime bien ça, les cochons roses et proprets. Je trouve que c'est un animal accusé de bien des travers depuis trop longtemps et je suis du genre à défendre la veuve, le cochon et l'orphelin ! 

Si j'aime écrire, c'est que la page blanche est le plus fabuleux espace de liberté qui soit : en pliant, tordant et assemblant les mots et les phrases, on peut faire à peu près n'importe quoi. Un torcheur de croute peut devenir le génie pictural de son temps, le dernier des lâches le plus grand courageux que la terre ait porté, un éjaculateur précoce  peut se métamorphoser en un amant hors norme (c'est d'ailleurs, le cas de Don juan : s'il changeait si souvent de conquête, ce n'est pas parce qu'il aimait courir les filles, mais parce qu'il avait trop honte de ne pas les satisfaire ! Ce n'était pas par goût mais par lâcheté qu'il passait son temps à changer d'identité et de femme. Ne rigolez pas, j'ai étudié ça à la fac ! Or, c'est vachement sérieux l'université. Et puisque c'est si sérieux, la preuve est donc faite qu'on peut faire dire à un texte tout et n'importe quoi !).

Je ne vois pas pourquoi je devrais revendiquer à tout bout de champ le droit d'user de ma liberté d'écrivain. Alors si je cuisine un mafieux, on va m'imaginer flic ou cannibale ? Et si je défends une prostituée, que je me suis mise à exercer le plus vieux du monde ? Faut-il que je m'inscrive en fac de médecine pour écorcher vif un chirurgien ?  Franchement, soyons raisonnable... Si je fais mourir un type dans une histoire, va-t-on croire que je suis une meurtrière ? Et si ce type l'avait bien cherché, après tout, ça en soulagerait peut-être plus d'un, de le voir gisant sur une feuille blanche, vous ne trouvez pas ? Moi si... J'écris parfois en réaction... Oui, il arrive que dans certains cas, l'écriture soit une nécessité vitale pour moi. An fond, elle n'est que l'aveu de mon impuissance à changer les choses.  Par exemple, je viens d'entendre une sombre histoire, une histoire de gars qui cogne sur une femme. Alors, je n'ai qu'une envie : me soulager de la misère humaine sur le papier à défaut de pouvoir faire autre chose...

Mettons que ce type était tout ce qu'il ya de plus précieux, oui c'est le mot qui me parait le plus approprié. Je déteste ce qualificatif... Mettons qu'il s'appelait André ou Tartampion, qu'importe, il ne devrait même pas avoir de nom. Il était lettré, toujours propre sur lui, manucuré de frais, le costume toujours impeccable et la cravate particulièrement bien nouée. Il arborait un petit sourire légèrement pincé et était très poli. (Ma mémère aurait dit qu'il était trop poli pour être honnête et elle aurait eu raison...). Il disposait des femmes comme on dispose des objets. De préférence des objets jetables et tant pis si c'est pas recyclable...  Il était néanmoins vieux garçon et bien qu'il gagne parfaitement sa vie, il vivait encore chez sa Môman, car sa Môman repassait impeccablement les chemises, faisait un bon fricot et curait parfaitement les derrières de meubles... Môman avait une belle maison avec un porte manteau serviable, un vrai gentleman, courtois et courageux : il pouvait porter jusqu'à vingt manteaux sans faiblir.
Môman était vieille, elle avait l'âge d'être plusieurs fois grand-mère et aurait dû jouer les mamies gâteau pour une ribambelle de chiards... Oui, mais Môman n'avait qu'un fils. Un fils unique qui, pour tromper l'ennui, lui cognait dessus. Jamais sur le visage, toujours sur une partie recouverte par un vêtement, de préférence un endroit bien caché que Môman ne montrait plus depuis bien longtemps. Très exactement depuis qu'elle n'avait plus d'homme dans sa vie à part son fils qui n'était pas vraiment un homme...

Tous les matins, André lisait son journal en se faisant servir le petit déjeuner par sa vieille mère qui n'avait pas le droit de partager sa table : manquerait plus que ça ! Malheureusement, la bourse s'était effondrée ce matin là. Toutes ses petites économies qui faisaient de jolis zéros bien alignés sur son compte en banque fondaient comme neige au soleil... Môman passait par là, elle avait tord, elle en serait responsable pis, faut bien se défouler un peu avant d'aller au boulot, non ? Faudrait voir à pas s'en prendre au chef ou à un collègue... Dehors, il faut rester toujours poli et courtois... Qu'est-ce que les gens pourraient bien penser de lui, sinon ?

Il n'y était pas allé de main morte. Môman était sur le carreau. Il la piétina une dernière fois en sortant. Heureusement, le fidèle et serviable porte manteau prêta main forte à la pauvre vieille et appuyée contre lui, elle pu se remettre d'aplomb et se trainer tant bien que mal jusqu'à son lit pour y rendre son dernier souffle...

André, quant à lui, eut une excellente journée : il gagna du gallon, eut une promotion et fit des placements extraordinaires et son compte en banque se remplit à nouveau de tout un tas de zéro qui faisait une somme colossale, indépensable en une seule vie...

Rentré chez lui tard, le sourire aux lèvres, heureux de retrouver son lit avec des draps frais parfumés à la lavande, il s'est précipité dans le couloir pour aller se coucher au plus vite. Oui mais, c'était sans compter sur le porte manteau qui l'y attendait de pied ferme. L'objet excédé lui est tombé dessus, cognant tout son content. André, bleu, gisait sur le sol, tremblant : le porte manteau se redressa et retourna dans son coin pleurer la vieille de tout son coeur de bois brut...

Dans mon monde à moi, celui que je m'invente pour compenser et qui est juste, d'une justice inébranlable, les objets ont parfois plus d'âme que les êtres humains... De toute façon, qui donc porterait secours à une vieille femme humiliée ? Alors quand j'entends une histoire sordide de ce genre là, je me dis qu'il n'y a plus qu'à espérer que les objets mille fois témoins d'atrocités sans nom aient une âme et du courage... 
 
Que se cache-t-il donc derrière les gens qui savent toujours tout maitriser ? Sagesse zen, ou autre chose ? Nul ne le sait...
Il ya des jours, des jours comme aujourd'hui, ou j'aime les hommes incapables de se maitriser, qui se mettent à défendre avec fougue ou colère une idée, une personne en pleine société, au su et au vu de tout le monde... Oui, j'aime les grandes gueules... Et j'aime encore plus les hommes qui ont le courage de pleurer devant témoins parce qu'ils sont malheureux. Un aveu de faiblesse est sans doute la plus belle marque de courage... Je crois qu'il n'y a que les lâches pour dire qu'ils sont toujours forts...
Commentaires
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D.K.     |23-09-2008 à 17:26
Cela demande beaucoup plus de force d'assumer pleinement ses émotions que de passer son énergie à les refouler ou les cacher. Faudra me donne l'adresse du fabricant de porte-manteau, je connais plusieurs foyers où il aurait à faire...
sandrine   |23-09-2008 à 17:52
Mon imaginaire ne manufacture pas encore de produits finis et c'est bien dommage...
Pour les émotions on est d'accord... En plus, vaut bien mieux qu'elles soient dehors que dedans !
papistache   |23-09-2008 à 17:34
Bon sang de bois brut de décoffrage !

Vous vous êtes trahi, cher portemanteau, une goutte de sève a suffi à faire parler votre ADN.


Je trouve que c'est un animal accusé de bien des travers depuis trop longtemps...
Ah ! Les travers de porc ! Un régal !


je me suis mise à exercer le plus vieux du monde ... lapsus, lapsus, le mot métier a disparu !


Je suis ravi de vous lire, toutefois, je suis un peu interloqué par le ton de votre billet. Quelqu'un vous a-t-il fait du mal ? Si c'est votre attachée de presse qui vous a soufflé ce billet pour annoncer le quatrième chapitre de votre album, je ne sais pas quel poisson elle souhaite appâter.
De toutes façons, moi, je suis déjà conquis et si j'osais vous tutoyer (ce que je ne saurais pas faire) je dirais, parodiant (plagiant) Bashung :
sandrine   |23-09-2008 à 17:55
Monsieur Papistache, rassurez vous personne ne m'a fait de mal et j'ai beau être fluette, je ne suis pas du genre à me laisser faire ! Je voudrais bien voir à ce qu'on me manque de respect ainsi ! Je me suis laissée emportée par l'émotion : comment peut-être un homme et battre une vieille femme... ça dépasse mon entendement et ma compassion !
Pour ce qui est de mon écriture, j'aimerais bien qu'on me demande autre chose que : quelle est la part de vous dans ce que vous écrivez ? Franchement, on s'en fout !
Mais monsieur Papistache osez, osez donc et tutoyez moi s'il vous plait !
Et énoncez moi donc cette parodie de Bashung... Ah ce maudit grignote-commentaire... Il doit pas aimer les citations non plus ou les deux points à la ligne...
Ou alors il adore votre prose et ça je le comprends aisément !
papistache   |23-09-2008 à 17:48
Argh !
J'avais écrit :
alt0151 (tiret long) Tu m'as conquis j't'adore !
sandrine   |23-09-2008 à 17:57
Eh ben voilà, maintenant que vous avez commencé à me tutoyer, faut plus arrêter...
Vous aviez raison, le grignote-commentaire n'aime pas les effusions de sentiments !
Vous aussi, vous m'avez conquistador
Aude     |23-09-2008 à 18:39
Je vais me fâcher à mon tour: comment oses tu dire que tu n'as pas de talent? ça va pas la tête?
Bon je t'embrasse et passe une bonne soirée.
sandrine   |23-09-2008 à 18:44

Ben te fâches pas comme ça...
Je t'embrasse aussi et je te souhaite une bonne soirée.
Tof   |23-09-2008 à 21:15

Sandrine, je découvre ce blog et l'ensemble des écrits que tu as mis en ligne. Je n'avais jusqu'à ce jour aucune sensibilité et attirance particulière pour l'art de l'écrit, je vais reconsidérer ce point et continuer à te lire.
sandrine   |24-09-2008 à 06:18
Bienvenue ! Je ne sais pas ce qui t'as fait changer d'avis, mais j'en suis ravie !
A bientôt donc
Berthoise     |24-09-2008 à 15:11
Je suis d'accord avec toi, écrire permet parfois de travestir et c'est ce qui est plaisant.
Pour l'histoire du porte-manteau, la méchanceté et la violence me consternent, m'effraient, et me plongent dans la perplexité quand ce n'est pas le désespoir. Je ne comprends pas qu'on puisse perdre son temps et son énergie à faire souffrir et y trouver plaisir.
sandrine   |24-09-2008 à 15:26
Il arrive souvent que les gens masquent des tas de peurs sous la violence... Il arrive aussi que les gens qui ne savent diriger le cours de leur vie prenne un malin plaisir à ériger des barrages dans celles des autres... Moi aussi, ça me désespère qu'on puisse s'y complaire et les meilleurs remèdes que je connaisse à cette désespérance sont l'amour, l'amitié et la création ! D'ailleurs faut que j'y retourne j'ai un 'tapuscrit' sur le feu...
Marie-Catherine     |25-09-2008 à 07:20
Moi aussi j'aime bien les travers des cochons.
Et maintenant j'apprécie aussi les porte-manteaux.
Quant à où se cache un auteur dans ses textes, ben je dirais de la première à la dernière lettre mais ce n'est qu'une toute toute petite partie de lui. Alors c'est vrai que la question n'a souvent pas lieu d'être.
En revanche, personnellement ça me fait sourire et je suis très fière quand on est persuadé qu'un de mes personnages m'incarne : ça veut dire que sa consistance est au point. Objectif de ma prochaine nouvelle : être un meurtrier de 15 ans. Effectivement 97% de travail pour atteindre ce but est un minimum.
sandrine   |25-09-2008 à 08:38
Humm c'est délicieux les travers de porcs bien grillés à dévorer avec les doigts ça va de soi !
J'aime bien ta façon de voir l'écriture... La prochaine fois qu'on me demandera quelle part de moi, je réfléchirai différemment ! Merci !! Des bises et bonne journée et super bon courage pour ta nouvelle et tout le reste !
Sylvaine Vaucher  - C'est pas derechef     |25-09-2008 à 12:01
C'est bien de savoir pleurer quand on est un homme....TU SERAS UN HOMME MON FILS
PS : Beau texte...la constance dans le courage devient vite une vertu et sans travers "sure" au fait il y a aussi l'enfance d'un CHEF...
sandrine   |25-09-2008 à 14:32
Pleure homme et tu cultiveras le p'tit garçon qui est en toi... histoire de toujours voir le monde avec des yeux d'enfants...
nathalie     |25-09-2008 à 16:10
Dans mes écrits, je mets... "secret de fabrication"... % de ma vie. ^^
Très belle note, tiens, sincère et bien écrite. L'histoire du porte-manteau, hu hu, voilà de l'étrange comme je l'aime !
sandrine   |25-09-2008 à 16:22
Merci !
Ben moi je noterais désormais entre trois et sept % de vrai après je citerais une phrase de Marquez : "la vie n'est pas ce que l'on a vécu, mais ce dont on se souvient et comment on s'en souvient" Ce qui en vient à dire que le vrai est faux car réinventé par la mémoire !

D'ailleurs je travaille sur un nouveau tapuscrit et j'ai noté en dessous du titre : tout est vrai car j'ai tout inventé !
Faut vraiment que je te fasse remonté dans mes priorités de lectures toi ! Je suis sure que je vais adorer...
tilu     |25-09-2008 à 17:25
Mais qui c'est donc qui embête ma Sandrinette en lui posant des questions qu'on s'en fout de la réponse d'abord hein?.... Qui qu'c'est qui lui casse les pieds? .... Gare hein! faut pas l'enerver, ni m'enerver non plus ,non mais des fois....
Bon et puis , Sandrine , si on t'embête encore ,tu m' le dis, et j'rapplique aussi sec, Vais lui faire ravaler ses questions à deux balles qui énerve ma copine moi.... mince alors!!!!....j'voudrais bien voir ça....
sandrine   |25-09-2008 à 17:59
Z'avez vu ma copine, eh ! Oh, z'avez vu ça ! Elle en a dans le pantalon, hein ? Ouaip, elle est comme ça ma copine !
Eh ben, j'ai pu à m'en faire moi, la prochaine fois, je te refourgue le mail et je te laisse régler ça à ma place, dis donc ! Efficace, propre et net ! Du beau travail sans bavure, je suis sûre !
Pis c'est vrai qu'on s'en fout ! De toutes façons, je suis pas si bête, si j'avais voulu raconter ma vie, ben, j'aurais écrit un truc qui s'appellerait, AUTOBIOGRAPHIE d'une bonne à rien en campagne mais quand même vachement douée pour la culture des radis ! Tout de suite là on aurait vu que je veux raconter ma vie, parce qu'avec un titre pareil, j'aurais fait un best-seller, c'est sûr ! Oui, mais moi je ne veux ni écrire un best seller ni raconter ma vie ! Tous les trésors ne sont pas en or et moi j'ai une copine qui est en or et ça ça compte vachement plus ! Ben ouais, c'est pas le même or, y'a un or qui a plus de valeur que l'autre...
madame de K     |26-09-2008 à 10:56
Le porte-manteaux justicier ! y'avait que Sandrine qui pouvait l'inventer !...
;-)
sandrine   |26-09-2008 à 11:27
Ouais
N'empêche, si ça pouvait être vrai...
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Dernière mise à jour : ( 23-10-2008 )
 
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