| le 06-09-2010 | numéro permanent | Tous droits réservés Sandrine Brossel | Site Pro : sandrinebrossel.fr |
| Réservé à la rédaction |
|---|
| Si vous venez pour un travail journalistique de haute voltige, repassez plus tard... |
|
| Écrit par toute l'équipe journalistique | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| 18-04-2008 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
Sandrine : Je vous l’ai déjà dit, j’ai le vertige ! Ceci est une interview. Quelques lecteurs excédés : Encore ! Ce sera long ? Sandrine : Oui et encore elle a été en partie coupée au montage ! Les journalistes ont trouvé que certains de mes propos étaient complètement dénués d’intérêt… Je sais bien, ça fait une interview de plus, c’est pas que je sois narcissique, en fait, je devais commencer à vous raconter la vraiment vraie véritable histoire du père Noël, parce que tout de même, c’est de saison, mais pour des raisons logistiques, j’ai du remettre ça à plus tard…) Ceci est donc une interview multiple et à tiroirs avec un fil conducteur à rapiécer soi-même. Je n’accepterai aucune réclamation à ce sujet car je n’y suis pour rien : quelques uns de mes journalistes se sont pris pour la petite et la grande inquisition espagnole réunies et j’ai bien peur que le tas de broussailles qui attend dans le jardin ne me soit dévolu si je réponds mal : j’aurais pas du tailler les arbustes, ça m’apprendra à torturer la nature ! Alors, munissez-vous d’une aiguille, moi je me contente de vous fournir la botte de foin et souhaitez-moi bonne chance… (Et là, a priori, vous devriez entendre Kiki , Madame de K , Tilu , melle bille et quelques autres lecteurs bienveillants me crier « bonne chance !»…) Romanesco : C’est quoi votre livre préféré ? Sandrine : Oui, en effet, j’ai eu une vocation contrariée, et plusieurs fois qui plus est. J’aurais voulu faire une thèse sur les différentes formes de poésie dans l’œuvre de Jo Butagaz et ses Brûleurs (rien que le nom du groupe était poétique !), mais ils ont cessé de chanter. Pour ceux qui ne les connaitraient pas : ils ont inventé le concept musical de solo à plusieurs en même temps mais chacun dans son coin (tiens, ça me donne une idée). Eh oui, pour ceux qui s’interrogent, c’est différent de la cacophonie. La cacophonie n’a aucune classe, aucune prestance, aucun humour… Après, j’aurais voulu être architecte en bâtiments imaginaires et fariboles : Mr Ponticelli est né avant moi. Ensuite… Oh là là, il faut vraiment que je vous dise tout ça ? Lisons : des nouvelles des poils de Dahu ? Sandrine : La girafe ? Ne m’en parle pas, la pauvre, elle était pas fraisivore, non, elle était boulimique, une baisse de moral. Et d’ailleurs elle est confusément désolée d’avoir mangé tant de fraises ! Ça lui faisait du bien. Elle était tristounette parce qu’elle avait pas d’imaginaire où s’ébattre : elle est née et a grandi en pensant très fort à Boris Vian, c’est d’ailleurs pour ça qu’elle est jaune et violette… Son plat préféré, c’est la barbe à papa fraichement rasée… Elle est douce et gentille et a un cœur gros comme ça, pesant douze kilos. Quand elle se penche, il faut qu’elle le fasse tout doucement pour ne pas avoir un trop gros afflux de sang au cerveau. Sinon ? Eh bien, elle est plus tout à fait dans son état normal et elle se prend pour un hippopotame trapéziste, un crocodile végétarien et une poule avec un cerveau, le tout en même temps ! Lévrenpaudefesses : Votre mort idéale ? Sandrine : Oh vous savez moi, je suis le genre de femme à me contenter d’une petite mort… Ne me dites rien : après vous allez me demander « et quel livre vous emmèneriez sur une île déserte ? » Véro Thri : Quel livre vous emmèneriez sur une île déserte ?
Koudgueul : Bon alors vous allez nous expliquer ce qu’il se passe avec ces fraises à la fin ? Et puis nous éclaircir un peu sur votre direction professionnelle parce que ça fait des mois que je traine dans votre atelier et je vois pas ou vous voulez en venir, vous y descendez de votre tabouret ou bien, et pis pour faire quoi hein ??? Sandrine : Alors d’abord moi aussi je peux me mettre en colère, des fois et je vous préviens, c’est pas joli-joli : une fois par décennie je pique une colère gorgonesque, rien à voir avec une colère gorgonzolesque. Explications, définitions :
Voilà, n’insistez pas. Désormais, je ne piquerai plus que des colères en bonne santé, des qui aident à avancer, à un tarif éternel exclusif et constant de 5 radis… (oui, il ya encore des choses qui n’augmentent pas !) Koudgueul : Et pour les autres émotions négatives ? Sandrine : J’ai toujours mon bouc émissaire en cas de débordement émotionnel intempestif, mais quand je vois sa trombine et son p’tit air, je n'ai déjà plus envie de m’en prendre à lui. En plus, j’ai eu des soucis avec l’A.D.B.E (Association de Défense des Boucs Emissaires) parce que je l’avais prêté à une copine qui était tortionnée à son travail et qui avait grand besoin de se défouler le soir en rentrant : le pauvre, il m’est revenu dépressif. Depuis j’essaye de le faire rire du mieux que je peux pour lui changer les idées… Je l’ai promu à une retraite anticipée et il gambade sur mes champs de papier sans rien manger : non, ce n’est pas lui qui mange les fraises ! Lui ne mange que du zan en rouleau, jamais de tête de nègres, ces bonbons de mauvais goût dont la recette est extraite de ‘comment donner le goût du colonialisme aux plus jeunes’ et il ne prend pas la couleur de ce qu’il mange : heureusement d’ailleurs parce que sinon, il serait en plus devenu une bête noire, le pauvre ! Chounavré : ça vous arrive de répondre aux questions qu’on vous pose ? Sandrine : Toujours, je réponds à toutes les questions dans un ordre aléatoire et approximatif afin de lutter contre la congélation du cerveau dûe à une perte du libre arbitre, de l’esprit critique ou toute autre maladie très dommageable et éminemment contagieuse, causée entre autres par un excès d’absorption de substances télévisuelles licites, nous incitant à croire par exemple que réfléchir par soi même est dangereux. J’aime penser que j’entretiens à ma toute petite échelle l’esprit vif de mes lecteurs, et puis ils savent très bien faire les liens tout seul ! Si vous me demandez : « quel est votre fromage préféré ? », ils savent pertinemment que c’est une question inutile et qu’il n’y a que vous pour me la poser et ils vous répondront en chœur : « le maroilles ». Je peux donc vous fournir une réponse à une autre question, beaucoup plus pertinente, que vous ne m’auriez peut-être pas posée ! (En aparté : va falloir que je songe à recruter des journalistes plus compétents !) Chouravie : quel est votre fromage préféré ? Sandrine : Oui, je travaille toujours sur mon œuvre principale et aussi sur d’autres trucs… Koudgueul : Et ben, vous prenez votre temps ! Sandrine : Oui, je sais bien, l’auteur écrit des livres en trente jours, il est omniscient, c’est Dieu tout puissant. Mais moi je suis fabriqueuse d’histoires, pas écrivain. Il y a des jours ou mes personnages font strictement tout et n’importe quoi et même pire et absolument rien de ce que je voudrais. Alors, je les observe, je les écoute, je prends des notes, fais des croquis échaffaude des plans et j’attends qu’une ‘cohérence’ toute relative s’installe. Y’a même des jours ou un nouveau personnage débarque comme ça sans prévenir, pas de coup de téléphone, pas de télégramme. Ce serait pratique tout de même : arriverai demain 14 heure-stop- prévoir papier vierge et crayon de bois-stop-. Mais, non, il arrive sans crier gare, généralement sans bagage et parfois même dans la mauvaise histoire ! Il faut que je lui fabrique un autre contenant ou s’ébattre, que je l’habille, le nourrisse, l’aide à se souvenir de son passé… Va falloir que je songe à prendre une ou deux baby-sitters… Romanesco : C’est quoi votre plat préféré ? Sandrine : (en aparté : voilà un journaliste compétent qui pose les bonnes questions, bien intéressantes et riches de sens. La bouffe c’est une des rares choses qui soit vraiment sacrée comme en atteste un proverbe Palimpsestien séculaire : on peut rire de tout sauf de la nourriture) Une casserole où tout est mélangé : la viande, les légumes, les épices, la sauce… Des fois, je rêve que le monde est un vaste plat où tout se mêle et se mélange dans un équilibre de saveurs harmonieux : chaque ingrédient a communiqué de sa saveur aux autres, a absorbé une partie de tous les goûts, tout en gardant sa personnalité de viande ou de carotte ! Malheureusement le monde n’est pas une vaste marmitte, tout au plus une cocotte minute au bord de l’explosion. Mon plat préféré ? je sais pas, un couscous, un pot-au-feu, un truc convivial qui se sert à la louche et à la bonne franquette. Oui, je sais, je suis passée de mode, il faut faire dans la verrine et les assiettes individuelles dressées en cuisine, mais bon… Je ne dresse pas mes assiettes, non, mes assiettes ne sont pas fouettées pour filer droit, elles sont mal élevées et harmonieusement dépareillées ! Repollo : Il fait beau aujourd’hui, vous aimez le soleil ? Sandrine : Non, je ne suis pas rancunière. Les gens méchants vous rendent souvent service au fond, ne serait-ce qu’en vous faisant apprécier encore plus les belles personnes… Souvenir : J’avais 16 ans, seconde I.E.S. Notre "professeur" (les guillemets, c’est parce que je ne crois pas que s’en était une) principale (rien que ça) a fait remplir à tout un chacun une fiche. Nom, prénom, profession de père… mensurations (non là je confonds avec autre chose). Elle a ensuite ramassé les fiches et a fait l’appel en les parcourant en diagonale. Après un ‘présent’ plus ou moins audibles. Au début, haut et clair et de plus en plus chuchotant : la sentence tombait : ‘Vous aurez votre bac’ et on rejoignait le tas des élèves promu à la gloire baccalaurifère, ‘Vous n’aurez pas votre bac’ et l’on échouait sur le tas des incapables et bons à rien… Mon nom est arrivé, suivi d’un ‘présente’ mal assuré (le courtier en assurance de mes parents avait catégoriquement refusé de couvrir ce genre de dégâts, pourtant tsunamiesque) et du couperet ‘Vous n’aurez pas votre bac’… L’appel et les exécutions terminées, un courageux mais futur incapable de décrocher son bachot (le courage de la bêtise sans doute) a demandé : « Pourquoi lui et les autres ne verraient pas leurs années lycéennes couronnées par les lauriers d’un diplôme ? » Un doigt agressif pointa le paquet qui lui faisait sans doute perdre son temps à elle, brillante professeur émérite et elle a dit : « C’est statistiquement prouvé, vous êtes issu d’un milieu socioculturel pauvre ». Entendez par là que mon père est ouvrier et ma mère femme de ménage et aussi qu’elle avait du lire comment aborder succinctement les statistiques avec des indigents mal nantis. Belle conception de l’égalité des chances, non ? J’ai eu mon bac et fait quelques études secondaires : je ne crois pas que ce soit à elle que je le dois, je lui dois d’autres choses, mais à un ou deux professeurs de lettres qui m’ont donné envie de m’accrocher aux livres… Parce que dans la vie, il ne faut pas croire, quand on réussit quelque part, c’est souvent à quelqu’un d’autre qu’on le doit : la vie est faite de rencontres et de possibilités… On est rien sans les autres, quoiqu’en dise la mode grandissante de l’individualisme… On voudrait nous faire croire que c’est génial de se faire tout seul, mais je vous le demande que serait Don Quichotte sans Sancho où un pot de cancoillotte sans cuillère ? Hein ? Lambda : Et le loup rose ? Vous avez éclairci la disparition des fraises ?
C’en est pas un peu fini de toutes ses questions ? C’est que j’ai un zèbre a dessiner… Et puis, je suis fatiguée moi et la lumière dans les yeux, c’est nécessaire ? Toute l'équipe journalistique : ABSOLUMENT INDISPENSABLE Choudbruxel : En fait, vous ressemblez pas trop à un éléphant vert, pourquoi avoir eu recourt à ce subterfuge…
Incognito : Vous partez où ? Sandrine : La semaine prochaine ? A priori pas d’article, non. J’ai pas fait ma bégueule et j’ai participé avec enthousiasme au jeu de mlle Bille , j’ai pris trois quatre heures (J’ai pas conté les minutes) et j’ai mêlé mon imaginaire au sien : ma toute première collaboration artistique ! La semaine prochaine, je vous servirai donc une histoire d’après le billet de Mlle Bille ! Le 27 avril… Mais chut… J’espère que ça va lui plaire… En tout cas, merci à elle pour cette jolie initiative… Pour le reste, je vous raconterai en mai, fait ce qu’il te plait, une histoire feuilleton... En kiosque sur tous les bons navigateurs web pour pas un radis...
Powered by !JoomlaComment 3.26
3.26 Copyright (C) 2008 Compojoom.com / Copyright (C) 2007 Alain Georgette / Copyright (C) 2006 Frantisek Hliva. All rights reserved." |
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Dernière mise à jour : ( 17-09-2008 ) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Suivant > |
|---|

Sandrine : D’abord pourquoi qu’un seul ? Déjà dans la vie faut toujours faire des choix et si il faut se mettre à en faire aussi dans les questions fictives et imaginatives… Où va-t-on ? Je vous le demande… Ah ! oui, sur une île déserte et bien je vous répondrai que je finirai fissa le bouquin que je suis en train de lire parce que je m’ennuie… D’ailleurs, je sais pas si je vais le finir. Et pour mettre le maximum de chances de mon côté pour vivre sur une île déserte et bien j’emmènerai Sur l’île des Zertes de Claude Ponti (celui qui a brisé ma vocation d’architecte en bâtiments imaginaires…) C’est l’histoire de Jules et Roméote : c’est une autre forme de Shakespeare (sans drame à la fin) remplie de popotapomelos, de martabaff et tout et tout : si j’avais eu tout le matos nécessaire, je vous l’aurais lue en y mettant le ton et le reste : j’adoooooooooooooooore cette histoire : c’est mon histoire préférée quand j’ai cinq ou six ans…
Colère gorgonesque : colère purement justifiée et parfaitement saine de corps et d’esprit, avec regard qui pétrifie et cheveux qui se mettent en mouvement et tout et tout. [Bon ça je l’ai fait un peu après mes trente ans, et ça n’arrive qu’une fois par décennie, donc si vous voulez voir la suivante, réservez dès aujourd’hui votre ticket pour ma crise de la quarantaine : tarif 5 radis (Oui, je sais, c’est cher, mais il faut bien se nourrir et c’est du grand spectacle, épuisant… faut reprendre des forces après ça !)].
Sandrine : Euh ! non. Toujours pas, d’ailleurs y’a plein de trucs qui disparaissent Une
Sandrine : Ça, c’est parce que vous ne me regardez pas avec les bons yeux… C’est mon meilleur auto-portrait. Enfin ! (Soupir) Non, il faut vraiment que je vous laisse, j’ai encore tas de trucs à faire, éclaircir le mystère du loup rose, me pencher sur le cas père Noel, faire le point sur mes idées altruistes, histoire de voir si l'une d'elle serait concrétisable, refaire mon C.V, dessiner un zèbre, un ibis blanc et un papillon s’envolant d’une colline… Et puis, je panique un peu aussi parce que dans quelques semaines je pars en vacances et comme je ne suis jamais partie que trois fois dans ma vie, eh bien j’avoue qu’à part mon Robert, j’ai pas la moindre idée de ce que je vais bien pouvoir mettre dans ma valise !