| le 03-09-2010 | numéro permanent | Tous droits réservés Sandrine Brossel | Site Pro : sandrinebrossel.fr |
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| Sommaire | |||||||
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| Avis au lecteur |
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Les situations, les faits, les personnages sont le fruit de mon imaginaire qui a grandi en se nourrissant de ce qu’il aimait. Toute ressemblance avec une situation, une per- sonne ou un fait réels ne serait que le fruit du hasard, qui n’est pas tout à fait le même fruit que celui de mon imagina- tion. Sandrine |
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Vous vous balladez dans ma propriété intel-lectuelle, vous pouvez vous y promener à loisir, prendre vos aises, lire, relire, voir, regarder, fouiller et farfouiller mon imaginaire qui est ma seule véritable ‘richesse’ (oui, je sais, c’est pas grand-chose, mais c’est déjà çà !). Toutefois, con- formément au droit de propriété intellectuelle n’oubliez tout de même pas que vous êtes chez moi et demandez mon accord écrit si vous voulez utiliser mon travail d’une manière ou d’une autre, quelque soit le support… merci. Sandrine |
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| Réservé à la rédaction |
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| Le mystère de la bibliothèque d’Annecy |
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| Écrit par Sandrine Brossel | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| 27-04-2008 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Ca y est, on est le 27 avril 2008... C'est le jour publicatif dernier délai, horloge franche comtoise en main pour publier les résultats au grand jeu établie par melle Bille : 'Fais pas ta bégeule, viens jouer avec moi ' Là, c'est tous les autres participants, n'hésitez pas à aller sur leur blog : monsieurmonsieur, Le Président, macaron, STV, Le roi Ubu, Ardalia, Zelda, Vagant, Berthoise , Tiphaine Et pis, au milieu, y'avait moi , la neuvième inscrite... J'ai passé trois, quatre heures à écrire toute la vérité, rien que la vérité, je le jure monsieur le commissaire, sur le mystère de la bibliothèque d'Annecy. Toute correspondance avec une fiction imaginative et irréelle ne serait que le pur fruit du hasard, complétement farfellu et bien indépendant de ma volonté... Voici, donc, ma prose (même pas honte d'abord !) : Le mystère de la bibliothèque d’Annecy d’après un billet de melle Bille.
On était Vendredi, après avoir parcouru le billet de Mlle Bille , monsieur Lambda posa son journal ‘le troisième wagon’ sur son guéridon… Enquêteur du dimanche et des jours fériés, Lambda était l’archétype même du passe-partout : ni grand, ni petit, ni gras, ni maigre, ni brun, ni blond, veste grise, pull gris, chaussure sombre… Il avait résolu des affaires hasardeuses, insolubles même dans l’eau. Souvenez-vous, entre autre, du fameux cas d’Hansel et Gretel, dont le Dautenbon a fait ses choux et radis gras, pas plus tard qu’il y a deux semaines… L’idée que Madame Couteneau (bibliothécaire figée dans le temps (depuis plus personne ne sait quand) et en bibliothèque d’Annecy) puisse être à la solde de la planète Vega du Centaure l’intriguait. En tout cas, c’était sûr, il se tramait quelque chose de louche dans cette fichue bibliothèque… L’inspecteur connaissait vaguement Madame Courteneau, tout simplement parce que c’était le genre de personne qu’on ne pouvait connaitre que vaguement : elle semblait hors d’âge, pas le genre d’hors d’âge d’un délicieux et vieux cognac, non, plutôt le genre flottant fantomatiquement entre le passé et le présent : parfaitement inclassable à l’échelle du temps qui passe. Lambda se leva de son fauteuil, enfila son imper gris, alluma un morceau de papier d’Arménie, le regarda se consumer dans le cendrier puis quitta son petit appartement gris-beige, descendit les escaliers, remonta son col et la rue en rassemblant dans sa boite crânienne tout ce qu’il connaissait de la bibliothécaire : il lui fallut faire un effort de concentration surhumain, d’ailleurs, à part lui et la perspicace melle Bille, personne sans doute n’aurait été capable de réunir de mémoire autant d’informations sur Madame Courteneau. Elle avait fait de poussiéreuses études de bibliothécaire, baignant dans des nids gigantesques d’acariens afin de mieux résister aux parasites et micro-particules qui gravitaient autour des livres… Elle avait brillamment soutenu un mémoire mémorable sur l’importance des manuscrits dans l'ère paléolithique sibérienne. Pourquoi la Sibérie ? Ne soyez pas si impatient ! Vous le saurez plus tard, d’ailleurs à cette heure, même monsieur Lambda l’ignore, melle Bille n’est pas plus au fait que lui ! Madame Courteneau, en sortant de la faculté, avait réalisé ses deux plus vieux rêves : entrer en bibliothèque d’Annecy et se faire greffer un postérieur de gallinacée en guise de bouche. L’opération avait parfaitement réussi, tant et si bien d’ailleurs qu’on s’attendait à la voir pondre un œuf à chaque fois qu’elle ouvrait la bouche pour glousser «fiches», «côtes», «archives», «avez-vous rempli correctement la fiche avec côte de l’ouvrage afin que nous puissions la faire parvenir aux archives dans les meilleurs délais ?». Elle portait toujours des escarpins vernis impeccables et des tailleurs de la marque ‘Charrette’ qu’elle importait expressément de Sibérie : oui encore la Sibérie. Décidemment ce détail récurent était tout aussi troublant que louche… Lambda poussa la porte bien huilée de la bibliothèque d’Annecy : les grincements de gonds n’étaient pas autorisés. Il pût voir, placardé à l’entrée, un autocollant signalant la présence d’un dispositif de surveillance ultramoderne et silencieux, efficace en cas de tentative de vol ou de perte de manuscrit… Un simple quidam passant le portique avec la pensée ‘j’ai perdu un livre’ ou ‘je suis en retard pour rapporter mes documents’ se retrouvait illico presto surgelé sur place dans un silence des plus cisterciens. Une trappe s’ouvrait ensuite, sous ses pieds, et le lecteur distrait finissait Je-ne-sais-où : l’endroit qui était la clé de l’énigme, Lambda en était certain… L’enquêteur avança d’un pas feutré vers d’accueillantes rangées de casiers, où trônait une affiche, clignotant et invitant en silence le lecteur à respecter le cadre méditatif de l’enceinte sacrée : 'Veuillez déposer ici vos rhumes et autres couinements de chaussures’. Lambda les longea, puis passa au nez et au menton de madame Courteneau avec la discrétion et le flegme qui le caractérisait. Il arpenta la salle moquettée du sol au plafond, chacun des sens observationnels en alerte. Il attendit patiemment l’heure de la fermeture, blotti dans un coin sombre… 18h, Madame Courteneau fit le tour des tables en caquetant « la bibliothèque ferme ses portes, veuillez vous diriger lentement vers la sortie »… puis ne tarda pas à revenir sur ses pas, s’asseyant sur son fauteuil séculaire pour remettre un peu d’ordre sur son bureau, faire des tas de fiches non remplies bien soignés et tailler parfaitement tous ses crayons… Extinction des feux, les portes enfin closes, Lambda pût sortir de sa pénombre pour se pencher sur le système de sécurité de ce temple de la connaissance. Il se dirigea vers l’entrée, observa la trappe d’évacuation des coupables en délits livresques divers et variés et ne trouva aucune faille pour parvenir à en percer l’entrée… Il revint sur ses pas et quelle ne fut pas sa surprise de constater que Madame Courteneau avait disparu. En lieu et place de son fauteuil, une colonne de lumière jaillissait du sol. Intrigué, Lambda s’approcha et vit une ouverture, un escalier menant certainement dans ce Je-ne-sais-où mystérieux où disparaissaient les indigents ayant le toupet de manquer impunément de respect aux lois bibliothécaires… Longeant discrètement les murs, il parvint dans une vaste salle ovoïdale aux murs entièrement tapissés de tailleurs ‘Charrette’. Au sol, une foulitude d’escarpins vernis, soigneusement rangés et cirés, formaient une frise courant autour de la pièce. Au milieu de la salle trônait une baignoire de verre transparente remplie de formol. A côté, un guéridon portant une coupelle et un téléphone… Lambda entendit des pas sonnants s’approcher et n’eut que le temps de s’engouffrer dans une galerie, sombre elle aussi, visiblement remplie de tailleurs ‘Charrette’ et d’escarpins vernis tous strictement identiques et ayant l’air parfaitement neufs. Tapi dans l’ombre, il observa les faits et gestes de Madame Courteneau. Elle ôta son tailleur et ses escarpins et s’immergea dans son bain de formol. On aurait dit un bocal échappé de l’atelier de Frankenstein. Elle décrocha son téléphone et tint une longue conversation avec un interlocuteur mystérieux en croquant ça et là quelques comprimés de xanax, lysanxia et autres lexomil avec une certaine nonchalance… Un homme arborant un teint de carton pâte et la stature d’une tôle ondulée pénétra dans la salle, apportant dans une housse transparente un nouveau tailleur ‘Charrette’ et une paire d’escarpins vernis. Madame Courteneau raccrocha son téléphone et dit : - Posez cela là, mon brave Archi. - Bien Madame, je remise celui du jour dans quelle galerie ? - Celle des grimoires Savoisiens et ramenez-moi le manuscrit relié pleine peau de couleuvre retraçant l’histoire du Duc de Savoie à l’époque mégalo-carolingienne, je viens de le vendre un fort bon prix. - Bien Madame. Votre mémoire se porte-t-elle bien aujourd’hui ? - Pas trop mal, je n’ai eu que douze absences… C’était donc ça : Madame Courteneau venait de faire taire la rumeur selon laquelle elle ne changeait jamais de tenue. La bibliothécaire ne portait en fait jamais deux fois le même tailleur, même si le nouveau ressemblait en tout point à l’ancien. Elle et son archiviste se livraient à un trafic de vieux grimoires savoisiens, vendus une petite fortune au marché noir et qui plus est, elle avait la mémoire qui flanchait : voilà un détail bien intéressant… Lambda progressait dans son enquête mais il ne comprenait toujours pas ce qu’il advenait des lecteurs récalcitrants ou distraits et puis, il y a avait encore la question de la Sibérie. Il n’était pas au bout de ses surprises. Il longea la galerie, se perdit dans des méandres remplies de tailleurs et d’escarpins et déboucha enfin dans un sas avec une porte blindée. Un clavier incrusté dans le mur invitait à rentrer le sésame permettant son ouverture. Lambda réfléchit un long moment et tapa sans l’ombre d’une hésitation : ‘fiche’, ‘côtes’, ‘archives’, ‘correctement’, ‘lentement’. La quantité incommensurable de substance médicamenteuse licite absorbée par la bibliothécaire nuisait gravement à la bonne santé de sa matière grise et, pour ne pas oublier la formule magique qui ouvrait la porte à ses pires infamies, madame Courteneau la scandait à longueur de journée… Le dispositif ultra blindé de fermeture s’ouvrit sur une salle où sévissait un froid vif et mordant… Lambda remonta son col et longea une galerie blanche, glacée et inquiétante. Un véhicule ressemblant vaguement à un train croisé avec un bobsleigh attendait qu’on finisse d’accrocher les derniers wagons (des genres de caissons de surgélation montés sur skis) pour partir vers la Sibérie, ça ne faisait aucun doute. Chaque frigo contenait un lecteur figé promu à un sort plus qu’atroce… Lambda, se faufila discrètement vers la locomotive (le seul endroit chauffé) et se cacha entre un piston et une bielle : oui, j’avais omis de vous préciser que notre inspecteur du dimanche et des jours fériés était un pro du camouflage, raison pour laquelle il était le plus grand enquêteur de tous les temps imaginaires et fictifs. Le train-bobsleigh arrivé à destination (sibérienne, ça va de soi), l’inspecteur put enfin connaitre le fin mot de cette sinistre affaire. Un écriteau indiquait : ‘chaine de dépeçage des lecteurs récalcitrants’… Dans une vaste salle, pendaient à des crochets de boucher des carcasses sanguinolentes. Les peaux étaient soigneusement récupérées, lavées et cousues par des enfants dextres et mal nourris, pour enfin être vendues dans des boutiques ultra-chics, sous forme d’escarpins et de tailleurs… Tout ce petit monde fut démasqué, arrêté, les magasins fermés. Bref, la filière fut réduite à néant en un quart de seconde par le seul, l’unique et le très redoutable Lambda qui possédait plusieurs fois le don d’ubiquité : qualité toujours utile lorsqu’on exerce ce genre de métier. Madame Courteneau à été remplacée par un robot à son effigie, afin de ne pas perturber les habitués de la bibliothèque d’Annecy. Un éminent inventeur a recyclé Z6PO, qui n’avait pas réussi à faire une bien longue carrière en cinéma, il arbore désormais un déguisement de madame Courteneau en fibres purement synthétiques et coule des jours poussiéreux en classant des fiches pour archivistes imaginaires allant chercher des manuscrits disparus depuis des lustres…
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| Dernière mise à jour : ( 17-09-2008 ) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||

